Les figures du mois

La figure du mois présente un résultat clé issue d’une recherche, possiblement publiée, d’un.e doctorant.e, post-doctorant.e du champ, sous un format journalistique avec une figure ou illustration ainsi qu’une présentation en 300 mots.

FIGUREZ-VOUS… QUE LES RÉSIDENT·E·S DES EHPAD PLACENT LEUR DEVOIR PARENTAL AU CENTRE DE LEURS PRÉOCCUPATIONS À LA FIN DE LEUR VIE

@ Chopard-dit-Jean - Mère et Fille (ILVV Figures du mois)

 Mère et Fille

Aurélie Chopard-dit-Jean, psychologue, s’intéresse au vécu des personnes très âgées résidant en établissement d’hébergement, et notamment aux enjeux psychologiques et sociaux de ce vécu à l'approche de la mort.

Cette recherche s'appuie sur des entretiens réalisés auprès de 37 résident·e·s (19 femmes et 18 hommes) âgé·e·s en moyenne de 88.2 ans, vivant en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) en France et en établissements médico-sociaux (EMS) en Suisse.

Elle montre que l’approche de la mort induit un récit du vécu plus intime et le rôle parental des personnes âgées y trouve une place centrale. Le devoir parental s’exerce jusqu’au bout de la vie, avec angoisse et sérénité. L’angoisse est liée au souhait de vivre le plus longtemps possible pour ne pas abandonner les enfants et continuer à veiller sur elles et eux (particulièrement lorsqu’un·e enfant est malade ou handicapé·e). La sérénité se joue dans l’accomplissement du devoir parental notamment en veillant à l’absence de conflit entre les enfants et leur « bonne » situation familiale, salariale, ou de santé. La sérénité concerne aussi les aspects post mortem à savoir un héritage en ordre et la préparation des rituels funéraires pour décharger les descendant×e×s de l’administratif et l’organisationnel. Cette sérénité participe à l’acceptation de la mort.

Il ressort de ces entretiens que la parentalité est constitutive de l’identité des individus jusqu’au bout de leur existence et participe grandement à la qualité de la fin de vie. Elle est dès lors une dimension importante pour les professionnel·le·s qui accompagnent les très grands âges. Dans la gestion de la souffrance ou des aspects médicaux, le rôle de parent ne doit pas être minimisé.

Aurélie CHOPARD-DIT-JEAN , doctorante à l'Université de Lausanne au Centre suisse de compétence en recherche sur les parcours de vie et les vulnérabilités LIVES (Centre LIVES) et à l’Université Bourgogne Franche-Comté, Laboratoire de psychologie EA3188

  • Chopard-dit-Jean, A., Aubry, R., Karcher, P. & Pfrimmer, M.C. (2021). Vivre la fin de sa vie au grand âge dans une société française inclusive : peut-on décider pour soi « jusqu’au bout » ? Les Cahiers francophones de soins palliatifs, 21, 1, 46 - 56.
  • Chopard-dit-Jean, A., Bonnet, M. & Mariage, A. (2020). Apport de l’attachement dans le travail d’élaboration de la mort d’un sujet âgé en établissement d’hébergement. Le cas de Pierre, 90 ans. Annales Médico-Psychologiques. Disponible en ligne le 8 novembre 2020. https://doi.org/10.1016/j.amp.2020.10.009
  • Bonnet, M., & Chopard-dit-Jean, A. (2018). Rôle de l’attachement dans l’accompagnement des personnes âgées. Management & Avenir Santé, 4, 55–72. https://doi.org/10.3917/mavs.004.0055
  • Bonnet, M., Vinay, A., Faivre, B., Chopard, A., & Vulliez-Coady, L. (2016). Spécificité de l’attachement dans le vieillissement ou vieillissement de l’attachement ? L’évolution psychiatrique, 81, 668-680. https://doi.org/10.1016/j.evopsy.2015.11.010
  • Chopard, A. (2012). Décider de sa vie en EHPAD, Gérontologie et société, 143, 133-136.     https://doi.org/10.3917/gs.143.0133