Les figures du mois

La figure du mois présente un résultat clé issue d’une recherche, possiblement publiée, d’un.e doctorant.e, post-doctorant.e du champ, sous un format journalistique avec une figure ou illustration ainsi qu’une présentation en 300 mots.

Figurez-vous… que lorsque des conjoints aident un parent, l'investissement dans les activités du foyer diffère, mais pour les conjointes seulement

© ILVV_Marie BLAISE_Figure du mois_07/2022

SOURCE : Enquête "Emploi du Temps" de l’Insee (2009-2010). CHAMP :  2124 couples cohabitants, dont au moins l’un des deux membres du couple est âgé de 50 ou plus. MÉTHODOLOGIE : modèle en deux étapes avec variable instrumentale. L’offre d’aide informelle est "instrumentée" par le fait d’avoir au moins un parent en vie. NOTE : effets estimés et intervalles de confiance à 95%.

MARIE BLAISE, économiste, travaille sur la manière dont l'aide apportée à un parent âgé en perte d'autonomie modifie la contribution de l'aidant·e aux activités domestiques de son foyer. Dans cette recherche, elle s'intéresse aux différences de genre, alors que l'aide apportée par les femmes et les hommes diffère : les femmes apportent une aide plus intensive et plus fréquente pour les tâches ménagères et les soins au corps, quand les hommes aidants se spécialisent dans les tâches administratives et les transports.

À partir des données de l'enquête "Emploi du Temps", Marie BLAISE et ses collègues analysent le temps consacré aux activités du foyer par les deux partenaires d'un couple, en comparant les ménages dont au moins l'un des conjoints est aidant·e, les "ménages aidants", aux non-aidants. Sont pris en considération les activités du foyer suivantes : activités ménagères, notamment celles dites ingrates (vaisselle, rangement, nettoyage, tâches administratives), l'aide aux enfants et les temps de loisirs. Les analyses montrent que les ménages aidants se distinguent par l'implication des conjointes aux activités du foyer, et seulement elles.

Ces ménages présentent un moindre investissement des conjointes lorsqu'elles sont aidantes : de 40 minutes par semaine dans les tâches ménagères, notamment les plus "ingrates". L'investissement des conjointes est plus important lorsque leur conjoint est aidant, qu'elles soient ou non aidantes elles-mêmes : d’environ une heure dans les tâches ménagères et de 40 minutes dans l'aide aux enfants. Les différences ne sont pas statistiquement différentes pour les autres activités et pour l'investissement des hommes. Soit que ces résultats illustrent des différences en amont entre les ménages aidants et non-aidants, effet que le modèle utilisé vise à contrôler, soit qu'il y ait un ajustement a posteriori, l'aide aux proches s'accompagnant d'une allocation des temps d'activité particulière, pour les conjointes plus que pour les conjoints.

Post-doctorante au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER), elle a réalisé sa thèse dans le cadre de École doctorale Augustin Cournot et en partenariat avec Bureau d'économie théorique et appliquée (Université de Strasbourg).

Marie BLAISE. Essais sur la longévité, le vieillissement et l’aide informelle / Essays on longevity, ageing and informal care. Thèse d'économie de l'Université de Strasbourg, 2019.

Marie BLAISE.  Informal Care Provision and Time Allocation Within Couples. Avec S. JUIN (UPEC, ERUDITE, INED), H. LE FORNER (Université Rennes 1, CREM), Q. ROQUEBERT (Université de Strasbourg, BETA). Travail en cours.