Les figures du mois

La figure du mois présente un résultat clé issue d’une recherche, possiblement publiée, d’un.e doctorant.e, post-doctorant.e du champ, sous un format journalistique avec une figure ou illustration ainsi qu’une présentation en 300 mots.

FIGUREZ-VOUS… que les habitants de logements dits inclusifs apprécient de se sentir en sécurité mais peinent à s’approprier les espaces partagés.

© Rapegno et Rosenfelder - Exemple d'habitats inclusifs (ILVV_Figurez-vous)

Exemple d'habitats inclusifs

Noémie Rapegno, géographe, et Cécile Rosenfelder, sociologue, se sont intéressées aux habitats dits inclusifs pour personnes âgées et pour personnes handicapées. Ces habitats aux formes variées ont pour ambition de dépasser les limites du domicile, parfois vecteur d’insécurité et d’isolement, et de l’établissement jugé trop contraignant. A partir d’entretiens et d’observations réalisés sur 5 terrains auprès des locataires, de leurs familles et des professionnels, elles ont plus particulièrement exploré la façon dont les principes d’autonomie et de sécurité, au fondement de ces projets, s’articulaient.

 

Pensés pour donner accès à un logement sécurisant inséré dans la cité, ces habitats proposent une veille en continu assurée par un service à domicile (Figure). Pour certains locataires, et plus encore pour leurs proches, la possibilité d’appeler à tout moment – notamment la nuit – suffit à les rassurer. Pour d’autres, cette présence « à distance » leur permet de se sentir chez eux. Par ailleurs, le travail de sécurisation constitue aussi un travail relationnel qui favorise la lutte contre l’isolement. Cependant, les locataires rencontrent des contraintes liées à la vie en commun et à l’organisation du lieu. Les conflits d’usage et d’appropriation du service mutualisé et des espaces communs sont fréquents. Ces tensions, souvent latentes, difficiles à réguler et à désamorcer peuvent mettre le sentiment du « chez soi » en échec.

Il en ressort que le partage de certains espaces et d’un même service pose la question d’un droit à une socialité élective, choisie et non imposée, tout particulièrement dans les colocations où les locataires n’ont pas décidé de vivre ensemble. Cela montre la nécessité de réfléchir à la notion de « vie collective et partagée » au cœur de la définition de l’habitat inclusif.

Cécile ROSENFELDER

Noémie Rapegno, docteure en géographie, EHESP, Arènes (UMR 6051), chercheure associée au Lab’Urba (EA 3482)

Cécile Rosenfelder, docteure en sociologie, EHESP, Arènes (UMR 6051)

Recherche « Inclure et sécuriser : les habitats à visée inclusive et le point de vue des personnes concernées »  menée dans le cadre d’un contrat de recherche gré à gré entre l’Ecole des hautes études en santé publique et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie sous la responsabilité scientifique de Marie-Aline Bloch. Rapport à paraître en janvier 2022.

  • Noémie Rapegno, Cécile Rosenfelder. Inclure et sécuriser : exemple d'un dispositif d'habitat pour personnes âgés (rapport intermédiaire n°1). [Rapport de recherche] Ecole des hautes études en santé publique. 2020 : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03275109
  • Maïna Le Helley, Noémie Rapegno, Cécile Rosenfelder. Inclure et sécuriser en temps de crise : exemples de dispositifs d'habitat pour adultes ayant un handicap psychique (rapport intermédiaire n°2). [Rapport de recherche] Ecole des hautes études en santé publique. 2020 : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03275214
  • Noémie Rapegno, Cécile Rosenfelder. Inclure et sécuriser : exemple d'un habitat pour adultes ayant un handicap moteur (rapport intermédiaire n°3). [Rapport de recherche] ecole des hautes études en santé publique. 2020 : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03275179
  • Noémie Rapegno, Cécile Rosenfelder. Inclure et sécuriser : exemple d'un habitat pour personnes âgées (rapport intermédiaire n°4). [Rapport de recherche] Ecole des hautes études en santé publique. 2021 : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03275183