Les soutenances de thèses

Manon Labarchède.
Les espaces de la maladie d’Alzheimer : conditions de vie, hébergement et hospitalité.
28/01/2021

Thèse de sociologie - Laboratoire PAVE - Centre Emile Dirkheim (UMR 5116) - École doctorale Sociétés, Politique et Santé Publique

La soutenance a eu lieu le jeudi 28 janvier 2021 à 14h en distanciel via Zoom

Le jury :

  • Isabelle Mallon Professeure de sociologie Université Lyon Lumière II (présidente)
  • Véronique Biau  Architecte-urbaniste en chef de l’État, ENSA Paris-La Villette - Let-UMR Lavue (rapporteure)
  • Vincent Caradec Professeur de sociologie - Université de Lille (rapporteur) 
  • Nathalie Salles Professeur des Universités – Praticien hospitalier en gériatrie - CHU de Bordeaux (examinatrice)
  • Jean-Jacques Amyot Psychosociologue (invité)
  • Muriel Rainfray Professeure émérite - Université de Bordeaux (co-directrice)
  • Guy Tapie Professeur de sociologie - Laboratoire PAVE ENSAP Bordeaux (co-directeur)

Résumé : 

La maladie d’Alzheimer s’est imposée depuis près de cinquante ans comme un champ à part entière de connaissances, de traitements et d’accompagnements des personnes malades. Initialement, la prise en charge collective des personnes s’effectuait au sein d’unités dédiées, en raison de leur singularité comportementale. L’offre d’hébergement s’est peu à peu étoffée, en vue d’améliorer leurs conditions de vie. Des établissements spécialisés et plus récemment encore des projets « innovants » cherchent à promouvoir des logiques d’intégration sociale et spatiale.

Cette thèse met en évidence la relation entre les conditions d’accueil et de prise en charge des personnes malades et les caractéristiques spatiales et architecturales d’hébergements destinés à une population spécifique. Elle est interrogée à partir du concept d’hospitalité. La recherche s’appuie sur le choix raisonné de huit études de cas : unités dédiées (2), EHPAD spécialisés (2) et projets innovants (4) La méthodologie combine des entretiens semi-directifs (42) et des observations in situ (200h). Les investigations soulignent le rôle multiple de l’architecture : comme grille de lecture de processus sociaux ; comme facteur de changement ; comme élément d’inclusion ; comme support d’une domesticité repensée.

Jordan Pinel.
Les espaces de la retraite internationale : pour une géographie du contre-champ migratoire franco-marocain.
11/12/2020

Thèse de géographie. Migrinter Univerité e poiters-CNRS
vendredi 11 décembre à 14h en distanciel

Le jury :

  • Catherine BONVALET, Directrice de recherche émérite à l’INED (Présidente)
  • Nadine CATTAN, Directrice de recherche au CNRS, UMR 8504 Géographie-cités (Rapporteure)
  • Thomas LACROIX, Directeur de recherche au CNRS, Maison française d’Oxford (Directeur)
  • David LESSAULT, Chargé de recherche au CNRS, UMR 6590 ESO Angers (Co-directeur)
  • Thomas PFIRSCH, Maître de Conférences à l’Université polytechnique des Hauts-de-France (Examinateur)
  • Rémy TREMBLAY, Professeur à TÉLUQ, Université du Québec (Rapporteur).

 

Résumé : 

À partir d’une compilation de données disponibles (EFL, CNAV) et d’une enquête menée dans la région marocaine du Souss-Massa de 2017 à 2019 auprès de 80 retraités, ainsi qu’auprès d’acteurs institutionnels, associatifs ou privés gravitant autour de la présence retraitée au Maroc, cette thèse de géographie questionne les mutations du champ migratoire franco-marocain. Celles-ci reposent sur le vieillissement de ses acteurs d’une part, mais également sur l’installation progressive d’une population retraitée française dans la circulation entre les deux pays. Ainsi, retraités marocains et français sont étudiés au sein d’un même espace migratoire qu’ils reconfigurent tout en renouvelant les contours et le fonctionnement du champ migratoire initial, faisant émerger un « contre-champ ». Ce rapprochement analytique vise à réinterroger et à déconstruire les catégories de « migrations de retour » et de « migrations d’aménité », afin d’éclairer au mieux les pratiques spatiales liées au vieillissement et à la migration. En sortant d’un certain déterminisme propre aux catégorisations ethno-nationales usuelles, la thèse montre que les pratiques spatiales, et notamment les pratiques et formes d’installation résidentielles, sont façonnées essentiellement par le processus de vieillissement, plus que par l’origine ou la nationalité du retraité migrant.

Les études migratoires et résidentielles se révèlent complémentaires dans la réflexion sous-tendue par cette thèse. Elles permettent de souligner l’importance du réseau social – notamment familial – dans les logiques spatiales au moment de la retraite.

Pearl Morey.
"La liberté en toute sécurité". Les promesses des dispositifs techniques de géolocalisation des résident.e.s en EHPAD face aux tensions morales du care
08/12/2020

Thèse de sociologie

La soutenance a eu lieu le mardi 8 décembre 2020 à 14h00 en visioconférence

Le jury fut composé de :

  • Marc Bessin, Directeur de recherche, CNRS (directeur) 
  • Benoît Eyraud, Maître de conférence, Université́ Lumière Lyon 2 (examinateur)
  • Gérald Gaglio, Professeur de sociologie, Université́ Nice Sophia Antipolis (rapporteur)
  • Antoine Hennion, Directeur de recherche, CNRS (rapporteur)
  • Catherine Le Galès, Directrice de recherche, Inserm (directrice) 
  • Isabelle Mallon, Professeure de sociologie, Université́ Lumière Lyon 2 (présidente du jury)

Résumé :

L’objectif de cette thèse est d’adopter un regard sociologique sur les dispositifs techniques de géolocalisation destinés aux résident.e.s des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD). Cette entrée par les dispositifs me permet de travailler les tensions morales du care ; et en particulier, la tension entre la liberté de circuler et la sécurité des résident.e.s à garantir par les professionnel.le.s des institutions. Cette tension – faisant l’objet d’une construction discursive sur le registre du « dilemme » par les professionnel.le.s – peut être résumée de la façon suivante : plus de liberté de circuler entraînerait nécessairement un défaut de sécurité dans l’accompagnement des personnes hébergées ; à l’inverse, une ligne de conduite fortement sécuritaire aurait pour conséquence inéluctable l’atteinte au droit fondamental d’aller et venir librement. Les dispositifs techniques de géolocalisation – entrés sur le marché français au début des années 2000 – sont porteurs de plusieurs promesses dont une vise spécifiquement la conciliation de ces deux valeurs. En témoigne un slogan publicitaire particulièrement parlant : « La liberté en toute sécurité ». 

Il s’agit de comprendre si et si oui, comment les professionnel.le.s du care s’approprient l’idée d’un recours à ces dispositifs dans les institutions sanitaires et médico-sociales et jusqu’où ces derniers peuvent, en pratique, tenir ou non, leurs promesses de conciliation de la tension entre la liberté de circuler des personnes âgées accueillies et leur sécurité à garantir par les professionnel.le.s des EHPAD. Pour répondre à cette question, cette recherche – à partir de matériaux qualitatifs – porte son attention sur trois mondes sociaux parties prenantes des dispositifs techniques de géolocalisation : 1/ la conception et la distribution des dispositifs, 2/ les régulations et 3/ les usages en EHPAD.

Empruntant à la sociologie du care, à la sociologie des institutions, à la sociologie de la vieillesse et du vieillissement et au domaine des Science and Technology Studies (STS), la thèse montre que la tension morale entre la valeur de liberté de circuler et celle de sécurité se pense et se travaille aujourd’hui dans les trois mondes sociaux analysés pour être conciliée. En revanche, cette conciliation des modalités de la tension ne se fait pas souvent avec les dispositifs techniques de géolocalisation mais plus souvent sans, à l’aide d’autres outils. Enfin, le registre de la conciliation n’est pas toujours tenable et est parfois remplacé – notamment en cas d’accident ou de crise – par le registre de la responsabilité. 

Julien Bergeot.
Essais sur le soutien familiale aux personnes âgées et son allocation
26/11/2020

Thèse en sciences économiques - Université de Cergy Pontoise et Université Paris

Nanterre

La soutenance a eu lieu le 26 novembre 2020.

Le jury fut composé de :

  • Olivier Donni (Directeur de thèse)
  • Dominique Meurs (Directrice de thèse)
  • Eric Bonsang,
  • Marike Knoef,
  • Grégory Ponthière,
  • Roméo Fontaine
  • Artur van Soest

Résumé :

La population de la majorité des pays vieillit et les principaux apporteurs d’aide sont les enfants. Les décideurs publics promeuvent aussi de l’aide apportée par les proches afin de repousser l’entrée en institution des personnes âgées. Nous étudions l’offre de soins des enfants, la façon dont l’aide est répartie entre eux et son efficacité pour repousser l’entre en institution des personnes âgées. Les principales contributions peuvent être résumées de la manière suivante. Les politiques de retraite peuvent avoir des conséquences néfastes pour les personnes en perte d’autonomie avec un grand nombre de besoins en aide et qui ont besoin d’une attention quotidienne. Les enfants ne se coordonnent pas lorsqu’ils décident qu’ils apportent à leur parent, et l’allocation de l’aide qu’ils apportent est alors inefficace. Les résultats suggèrent que les enfants sont des substituts stratégiques, mais aussi que l’effet stratégique est plus grand pour une sœur qu’un frère. Ce qui peut être expliqué théoriquement par une plus grande productivité dans l’aide des femmes par rapport aux hommes. Les décideurs publics doivent s’attendre à ce que la stimulation de la prise en charge informelle puisse accélérer l’admission des personnes âgées ayant un mauvais état de santé.
 
 

Amélie Carrere.
Prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées : une analyse des déterminants de l’institutionnalisation ou du maintien à domicile
03/06/2020

Thèse en sciences économiques - Université PSL Paris-Dauphine (LEDa-LEGOS) et Ined (Unités de recherche Démographie économique et Mortalité Santé Epidémiologie) 

La soutenance a eu lieu le 3 juin 2020 à distanciel

Le jury fut composé de :

  • Emmanuelle Cambois (Ined - Directrice de thèse)
  • Florence Jusot (PSL Paris-Dauphine University - Directrice de thèse)
  • Agnès GRAMAIN (Université de Lorraine)
  • Alain PARAPONARIS (Aix-Marseille Université)
  • Emily GRUNDY (University of Essex)
  • Nicolas SIRVEN (École des Hautes Études en Santé Publique)
  • Jérôme WIT-TWER (Université de Bordeaux)

Résumé :

Sous l’effet du vieillissement de la population et des dynamiques sociales et sanitaires, les besoins de prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie progressent, se complexifient et se diversifient. Ces évolutions invitent à s’interroger sur les réponses apportées à la fois par la sphère privée et par la sphère publique. Les politiques publiques nationales privilégient le maintien à domicile, avec le développement de services d’aide. Les mesures prises font se détourner de l’offre en établissement, mais font aussi, implicitement, reposer une partie de la prise en charge sur l’entourage en complément d’une aide formelle plus ou moins accessible. De plus, depuis 2004, les départements sont les chefs de file de la politique gérontologique, avec des moyens et ressources disparates. Ce contexte soulève des questions ayant trait à l’équité sociale et territoriale de la prise en charge des besoins des personnes âgées. Cette thèse se propose d’étudier les choix de prise en charge de la perte d’autonomie en distinguant ce qui relève des déterminants de la demande (besoins et ressources) et ce qui relève de l’offre privée ou publique dans deux lieux de prise en charge : à domicile et en établissements. Les quatre chapitres de cette thèse analysent la situation française en utilisant des approches empiriques. Ils reposent sur un modèle de décision non-coopérative pour identifier les contraintes économiques, d’offre et de besoins influençant les choix des personnes âgées. La démarche consiste à mobiliser des méthodes économétriques et des données administratives ou d’enquêtes françaises : recensement de la population (2006-2015), Handicap-Santé (2008-2009), VQS 2015, CARE (2015-2016), EHPA (2007, 2011 et 2015) et SHARE (vagues 1 à 6). Pour identifier les déterminants du recours à l’institution, trois approches sont déclinées utilisant : les variations dans le temps, les variations territoriales et la variété des modalités de prise en charge à domicile. Le premier chapitre fait un état des lieux des besoins et de l’offre de prise en charge de la dépendance en France. Le deuxième chapitre s’appuie sur l’évolution de la résidence en institution des personnes âgées et analyse ce qui, dans cette évolution, relève de la modification des besoins et ce qui relève d’un changement structurel de la prise en charge. Le troisième chapitre confronte les variations départementales en matière de besoins d’assistance et d’offre de prise en charge ; il analyse dans quelle mesure la décentralisation de la politique gérontologique contribue aux différences de prise en charge. Le quatrième chapitre ajoute à la dichotomie domicile-établissement d’autres modalités de prise en charge à domicile. Il propose une valorisation de l’aide informelle pour identifier le rôle des contraintes financières sur l’arbitrage entre aide formelle et/ou aide informelle. Ces analyses montrent que la politique de maintien à domicile et la décentralisation de la politique gérontologique vont de paire avec des inégalités de prise en charge significatives. L’institution se resserre sur les besoins complexes, non gérables à domicile ; elle se resserre aussi sur des situations de dépendance plus simples, plus rentables pour les établissements dont les places sont limitées et les financements conditionnés. Du fait de freins financiers, on observe des inégalités dans le recours à l’entourage pour la prise en charge des besoins. Dans ce contexte, la décentralisation de la politique gérontologique, qui induit des variations dans les « restes à charge », exacerbe les différences socioéconomiques dans les modes de prise en charge.

 

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